L’accouchement – Comme aucun autre.

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Je me suis souvent demandé si j’allais vous « compter » mon accouchement ou pas. Je me dis que ça peut faire peur à quelques unes d’entre vous qui appréhendent un peu ce moment. Alors si vous n’avez pas envie de lire un récit sur un accouchement pas hyper fun, ne lisez pas cet article ! Je ne voudrais pas être responsable de vos cauchemars !

Aucun accouchement ne se ressemble, nous vivons chacune notre expérience. Certaines en ressortent enchantée (Juju si tu m’entends) d’autres traumatisées. Je ne suis ni l’une, ni l’autre. Je n’ai absolument pas vécu un moment magique mais je n’ai pas peur de recommencer. Je peux le dire sans vergogne : Non, je n’ai pas aimé mon accouchement. J’ai beaucoup souffert, j’en souffre encore un peu aujourd’hui mais si c’était à refaire, je me jetterais dans la gueule du loup à nouveau pour obtenir ce beau cadeau qui nous attend au bout du tunnel (c’est un peu le cas de le dire).

Pour commencer, Mademoiselle Ella s’est faite attendre…

A J-2, rendez-vous à la maternité pour un monitoring de contrôle. Face à moi dans la salle d’attente : une dame à J+4 et une autre à Jour J. Je me sens un peu moins seule. Je vois qu’elle sont impatientes tout comme moi de rencontrer leur bébé et que le moment est venu qu’il SORTE ! Je les envie un peu au fond car elles ont moins de jours que moi à attendre, peut-être…

Le monitoring est nikel, mon col très peu modifié à peine ouvert à 1. Je rentre à la maison bredouille. Ca ne sera pas pour cette fois-ci. On emporte avec nous le petit sac pour la salle d’accouchement « au cas où » mais il restera encore dans la voiture pour cette fois-ci.

J’ai de petites contractions la nuit mais elles ne durent jamais longtemps, je finis par m’endormir et le lendemain matin bébé gigote dans mon ventre comme pour me dire « hé non maman ce n’est pas encore le moment! »

Jour J – On retourne à la maternité. Le moral commence à chuter. On se dit toujours que les stats ne trompent pas : 70% des nanas accouchent avant le terme donc je vais forcément accoucher avant moi aussi –> ah nan. Pas de contraction, pas de perte de liquide. On me fait une echo et un monitoring. Tout va pour le mieux. « Vous pouvez rentrer chez vous madame ». J’ai pleuré. – Quoi ? T’es enceinte à jour J, tu vas accoucher dans qq jours, tu vas avoir un petit bébé et tu chiales ??? Beh ouais -. Je savais pertinemment que j’étais près du but, que c’était une question de jours car on me déclencherait à J+5 maxi, que mon bébé allait bien mais c’était plus fort que moi. Je déprimais. On ne peut pas imaginer comme cette attente est lourde. J’ai vraiment vécu cette dernière semaine comme la plus longue de toute ma vie. Encore plus longue que la semaine de boulot horrible avant des vacances paradisiaques qu’on attend depuis plus d’un an.

J+2 – Encore un petit monito de contrôle. « Ah mais vous avez un peu des contractions c’est bien, votre col est presque à 2. » – Lueur dans mes yeux – « Mais bon c’est pas encore le travail qui a commencé là ! Il faut revenir dans 2 jours » – Fin de la lueur dans mes yeux – Marre de rester à la maison à attendre que les heures passent, mon mari m’emmène déjeuner au bord de l’eau. Une vraie bouffée d’air frais. Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt?! Demain, nous feront la même chose, nous iront voir encore la mer. Le moral est revenu. Plus que 2 jours à attendre. Je touche enfin au but. Je trépigne d’impatience.

J+3 – J’ai des contractions assez douloureuses le soir mais elles ne durent pas plus d’une heure, je me rendors à chaque fois –> c’est que ce n’est pas assez douloureux ma bonne dame ! Ce n’est pas pour maintenant! Le lendemain, nous avons rendez-vous à la maternité à 8h30 pour voir si il y a de la place pour un déclenchement le jour même. Je crois les doigts pour qu’ils me gardent.

5h45 J+4 – Je suis réveillée par une contraction douloureuse et en sortant des toilettes je me rends compte que j’ai perdu un peu de sang rosé. Je reveille Benjamin, nous prenons les sacs et filons à la maternité. Je ne suis pas rassurée. On m’a toujours dit de venir si je perdais un peu de sang. Cela ne m’était jamais arrivée pendant la grossesse. Bien évidemment, pour noircir le tableau je ne sentais pas bébé bouger depuis que je m’étais levée, le temps était apocalyptique avec des éclairs dans les nuages. Le voyage le plus terrifiant de la terre. Je ne lâche pas un mot dans la voiture. J’ai peur. Arrivés à la maternité je la sens enfin bouger et respire de nouveau. Une sage-femme adorable me prend en charge et me met sous monito pour écouter le coeur de bébé qui va bien. OUF. elle me fait un petit prélèvement et il s’avère que j’ai fissuré la poche des eaux. La phrase que j’attendais tant depuis des jours et des jours retentit dans mes oreilles : « on vous garde, allez monsieur allez faire l’entrée de madame avec la carte vitale et mutuelle ». J’en rêvais la nuit de cette phrase ! Je vous jure.

9h30 – On m’installe en salle de naissance pour un déclenchement sous perfusion. Comme je suis à J+4 et que ma poche des eaux est fissurée, on ne prend pas le risque de laisser le travail se mettre en route tout seul et que ça prenne encore 3 plombes. Le bébé n’est plus protégé et il ne doit pas rester + de 12h dans mon ventre sans antibio.  J’ai déjà quelques contractions, le travail se met en route très vite. Je suis aux anges, Benjamin aussi. Nous sommes dans notre petite bulle. ENFIN nous allons rencontrer notre bébé, ENFIN c’est notre tour ! Les contractions sont rapprochées mais je les supporte très facilement. La sage femme m’augmente donc la dose de produit.

13h – J’ai de plus en plus mal et je supporte de moins en moins les contractions qui me figent sur mon lit pendant plus de 45 secondes. Mais je ne crie pas, je ne hurle pas sur Benjamin : en fait je les gère assez bien, je suis assez fière de moi. J’appelle la sage femme pour savoir quand je pourrais avoir la péridurale afin de me préparer psychologiquement à souffrir encore 1h ? 2h ? 4h ? Sa réponse m’étonne : « Ah bin ça y’est vous voulez la péri ! J’attendais que vous me la demandiez moi, vous les supportez bien les contractions dit donc! Allez on appelle l’anesthésiste! » Je n’en reviens pas ! Je vais avoir la péridurale Maintenant ! 🙂 Je n’aurais vraiment pas souffert longtemps avant la péridurale, je m’estime très heureuse.

13h20 – La péri est posée. On me l’a mise en position allongée et j’ai trouvé ça vraiment génial. J’ai pu m’enfoncer dans le lit pendant qu’il me mettait le cathéter entre 2 contractions douloureuses. Elle fut posée rapidement et sans douleur. Je pense que si on est zen et qu’on ne se crispe pas, tout se passe bien et ce n’est vraiment pas douloureux, juste un peu gênant mais bon pensez à ce que ça va vous apporter ! L’apaisement pendant des heures !

15h – Je suis bien. Je tremble un peu mais on me dit que c’est normal, que ce sont les effets de la peridurale. Je ne souffre plus et textote avec mes copines en leur racontant mes aventures au fur et à mesure pendant que Benjamin se regarde une petite série tranquille. Nous sommes sereins et souriants. Le sage femme vient regarder mon col. Je suis déjà dilatée à 7 ! Wowwww ça avance hyper vite : je ne peux pas rêver mieux! On me met sur le côté pour faire descendre le bébé qui est encore assez haut. Il faut ensuite que je me remette sur le dos avec un coup de péri pour endormir à nouveau le côté droit qui ne recevait plus de produit.

17h – Dilatation complète. Je n’en reviens pas comme le travail a été rapide ! Je n’ai presque pas souffert des grosses contractions, je n’ai pas ressenti de stress et je vais bientôt devoir pousser : le TOP.  Je me vois déjà faire la belle en racontant mon accouchement de rêve à toutes mes copines. Mais ça c’était AVANT de devoir pousser.

On me met dans une position assise au bord du lit, les pieds sur un marche-pied et les bras dans les étriers pour faire engager le bébé dans le bassin. L’accouchement approche. Je sens que ça pousse en bas mais je n’ai pas mal. Je ne réappuie pas sur le bouton de la péridurale. Grosse erreur. Les choses vont se corser.

Au bout d’une demi-heure je sens que ça pousse vraiment très fort en bas et j’appelle la sage-femme. La tête ne dépasse pas encore mais elle décide quand même de s’installer. On va essayer de pousser pour voir ce que ça donne car je n’arrive plus à me retenir de pousser. Je sens les contractions mais elles ne me font pas mal. J’oublie complètement cette histoire de péridurale et c’est parti on commence à pousser. Vu comme j’ai envie, ça va sortir vite, c’est sur –> Faux.

Je pousse environ 10 minutes, de toutes mes forces en me tenant aux poignées du lit. Je vous raconte pas ma tronche dégoulinante et benjamin qui m’épongeait le visage comme il pouvait…Toujours pas de tête dégagée. Chrystel, ma sage-femme me dit qu’elle voit les cheveux quand je pousse et qu’ils sont clairs (Whatttt ? C’est pas une brune comme sa mère? J’arrête de pousser!) Non en fait j’ai continué encore 15 bonnes minutes et je me suis rendue compte, vu la douleur horrible que je ressentais quand je sentais le bébé descendre puis remonter après la contraction que je n’étais plus sous péridurale. Les effets du dernier « shoot » venaient de s’estomper. Je sentais absolument tout et ça ne faisait pas du bien. Je me revois encore crier « mais c’est pas possible je n’y arriverai jamais, j’ai trop mal, j’ai trop mal, j’ai l’impression d’avoir un oeuf coincé dans les fesses ». Oui oui oui je suis restée très polie et poète !

Au bout de 30 minutes de poussées intensives et pas très très efficaces, (pourtant je peux vous dire que j’ai tout donné) j’ai eu le plaisir de voir rentrer la gynécologue dans la salle. Ca a fait tilt dans ma tête : « Je vais avoir la ventouse oh nooooooo je vais avoir la putain de ventouse ». J’ai poussé encore et là : BAM la tête est sortie d’un coup sec. Me déchirant quelques tissus au passage…Est ce que ça allait mieux? Pas du tout ! Je sentais un truc coincé dans mon entre-jambes et il fallait que TOUT sorte très très vite sinon je n’allais pas finir la journée. La gynécologue s’en va en disant « bon bin je ne sers plus à rien je sors ! bon fin d’accouchement! » c’était au moins ça de gagné. Mais si on avait pu m’aider à la sortir je l’aurais faite moi même la ventouse je vous le dis !

Il m’a fallu encore au moins 15 minutes pour pousser le reste du corps. Cette partie là est beaucoup plus floue dans ma tête car je crois que je n’étais plus qu’un corps qui pousse vidé de son esprit et de sa force tellement je souffrais. Il fallait juste que je pousse et que je fasse sortir mon bébé. Je me rappelle d’une chose : Crystel me demande si je veux toucher la tête du bébé (je rêvais de faire ça pendant mon accouchement) et je lui ai répondu en criant « non merci j’ai juste envie de pousser là j’ai trop MALLLLLL ».

Le moment de la délivrance arriva. Je sentis le corps tout entier sortir de moi et un soulagement absolu. J’ai tout de suite entendu Ella pleurer ce qui m’a rassurée. On l’a posée sur moi encore toute recouverte de liquide amniotique. C’était un beau moment même si j’étais complètement sonnée. On ne peut pas dire que j’ai profité de ce moment à 100%, encore sous le choc de ce qui venait de m’arriver.

Et là vous vous dites clap de fin et tout va bien ? Et bien non ! Parce que le copain placenta bin il est pas sorti le vilain! La sage-femme a essayé en vain de le faire sortir en appuyant sur mon ventre mais apparemment il était encore bien là-dedans. Il a encore fallu que je pousse…10 minutes! Et toujours sans péridurale (on avait appuyé pour une nouvelle dose mais il fallait bien 15/20 minutes pour que ça fasse effet) Pendant ce temps là Benjamin et la puéricultrice s’occupaient des premiers soins d’Ella qui attendait de venir faire le peau à peau avec moi quand je serai plus détendue.

Et puis comme j’ai eu du bol, une membrane est restée coincée quand le placenta est sorti. Il a fallu que la gynécologue aille le chercher (à la main) et apparemment elle s’était bien cachée car j’ai encore attendu 5 bonnes minutes pour qu’on me la sorte… Ca non plus ça fait pas trop du bien quand on sent tout. Puis, comme il était important de vérifier que je n’avais plus rien dans l’utérus, 2 gynécologues ont bien tout vérifier. Je vous passe les détails du spéculum et tout et tout avec une péridurale qui ne faisait toujours pas effet. Pour moi l’accouchement n’était pas encore véritablement fini… J’avais encore le droit à mon petit lot de souffrance.

ENFIN, lorsque qu’il a fallu me suturer, je ne sentais plus rien. On a posé ma fille sur moi en peau à peau et j’ai pu profiter de mon bébé tout sage aux yeux gonflés dormant sur ma poitirne. Les 40 minutes de sutures (ne me demandez pas combien j’ai eu de points je n’en sais rien et je ne veux pas savoir. J’ai eu la formule all inclusive.) m’ont paru alors bien moins embêtantes que tout le reste.

J’ai pu monter dans ma chambre 2 heures après l’accouchement. Bien traumatisée et heureuse à la fois. Après une bonne nuit de sommeil (elle a dormi 6h d’affilée) j’ai repris des forces et tout était oublié. Alors non je ne pouvais pas m’assoir et j’avais mal oui mais le bonheur de tenir ma fille a absolument balayé tout ce que j’avais vécu la veille. Est ce que j’ai peur d’accoucher de nouveau ? Pas du tout ! Est ce que je ferai attention de bien appuyer sur la péri avant d’accoucher ? OUI !

Si je peux vous donner quelques conseils : dans votre sac pour la salle d’accouchement, n’oubliez pas : un brumisateur (moi j’en ai vraiment eu besoin j’avais la bouche toute sèche à force de pousser ça m’a fait du bien), des lingettes rafraichissantes, le chargeur du téléphone.

Vous ne pourrez pas manger ni quasi pas boire de la journée alors pas la peine d’apporter votre paquet de Pépito sauf pour votre compagnon mais si il peut le manger hors de la salle c’est mieux. Parce qu’à un moment donné on a un peu faim et personnellement je n’avais pas du tout envie qu’il mange devant moi.

Pensez à appuyer sur le bouton de la péridurale avant de passer à l’action –> ça parait con mais y’en a qui oublient (genre moi). Si possible pas au dernier moment non plus pour ressentir quand même certaines sensations au moment de pousser car ne rien sentir du tout ne facilite pas la tâche !

Des trucs que vous ne savez peut-être pas et qui sont quand même bien de savoir avant :

  • On va vous vider la vessie avant et après l’accouchement par le biais d’une petite sonde car vous ne pourrez pas vous lever pour aller aux toilettes sous les effets de la péridurale. Ca ne fait pas mal et vous ne sentez quasi rien donc no stress!
  • Quand on est à « complète » c’est à dire dilatée à 10, ce n’est pas encore le moment de pousser. Le col est bien ouvert mais le bébé doit s’engager dans le bassin et il faut généralement encore bien compter 1 ou 2h avant de tout donner pour sortir le fauve surtout pour un premier bébé. Il doit préparer le chemin pour les prochains!
  • Vous ne pourrez pas boire ou quasi pas (j’ai eu le droit à quelques gorgées quand même) mais vous serez sous perfusion pour vous hydrater. Rassurez-vous, vous ne serez donc pas desséchée pendant la journée.
  • Après l’accouchement vous allez perdre beaucoup de sang. Pas la peine d’apporter vos plus belles culottes en dentelle, vous ne risquez pas de les mettre à la mater. Prévoyez quelques culottes filets lavables pour être à l’aise. Oubliez les culottes jetables c’est inutilisable. La taille 42/44 correspond à un 34/36 et vous ne risquez pas d’y mettre la belle couche que vous devrez porter après! (bin oui c’est pas glam mais bon faut le savoir!)

Chaque accouchement est différent. Pour ma part le travail de préparation a été rapide et parfait mais la suite bien plus difficile. Pour d’autres c’est l’inverse. Mais au final ce qui compte c’est la belle récompense de tous ces efforts et elle en vaut largement la chandelle ! Je ne pourrai pas faire ma belle en disant que j’ai eu un super accouchement MAIS je peux me vanter d’avoir mis au monde mon bébé sans péridurale, à la dure comme le faisaient nos mamans !

Pour toi ma petite Ella, j’accoucherais encore et encore si il le fallait…

La prochaine fois je vous raconterai les suites de mon accouchement, le séjour à la maternité et le retour à la maison.

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